
Le temple de la rue de Maguelone, un patrimoine vivant au cœur de Montpellier
Entre la place de la Comédie et la gare Saint-Roch, face au square Planchon, le temple de la rue de Maguelone occupe une place singulière dans le patrimoine montpelliérain. Cet édifice de style néo-byzantin bâti à la fin du XIXème siècle témoigne de l’histoire de la communauté protestante et de son rôle dans la vie de la cité. C’est un lieu de culte très actif qui accueille également des manifestations culturelles et des concerts, faisant ainsi dialoguer patrimoine, spiritualité et musique.
La présentation qui suit reprend pour une grande partie les extraits d’un article de Jacques Fargues publié sur le blog « Esprit de Liberté » du pasteur James Woody
Le projet d’une communauté et de son pasteur, dans une ville en pleine transformation

Le pasteur Philippe Corbière arrive à Montpellier en 1840 à l’âge de 33 ans, alors que la ville est en pleine modernisation (rénovation urbaine du Second Empire) sous l’impulsion de son maire protestant, Jules Pagézy (1802-1882) par ailleurs, membre influent du conseil presbytéral de l’Église Réformée de Montpellier. L’ouverture de la rue Maguelone, axe stratégique destiné à relier la place de la Comédie, centre de la ville bourgeoise, avec la gare du chemin de fer va prendre une vingtaine d’années (1843-1862), le temps pour la communauté protestante de saisir cette opportunité pour construire son nouveau lieu de culte.
Valdo Pellegrin (2009) dans son excellent ouvrage intitulé « Montpellier la Protestante », souligne qu’après un XVIIIe siècle très difficile, « l’édification d’un temple est pour la communauté protestante de Montpellier source de fierté et de confiance en l’avenir ».
C’est sous la présidence de Philippe Corbière que le conseil presbytéral décide le 7 avril 1862 la construction du nouveau temple rue Maguelone.
Un projet architectural singulier
Deux souscriptions, la vente de l’ancien temple et une contribution de l’État permettent de réunir les fonds nécessaires. Le concours d’architecture attire quarante-deux propositions. Les projets de William Bouwens et Francisque Estibot sont retenus, mais c’est finalement Louis Corvetto, architecte montpelliérain d’adoption et protestant, membre du jury, qui réalise le projet.
L’édifice de style romano-byzantin, construit de 1867 à 1870, est un repère important de l’architecture protestante languedocienne du XIXe siècle se démarquant du style néogothique choisi pour les églises catholiques montpelliéraines, Sainte-Anne (1866-1869) et Saint-Roch (1860-1867) ou des constructions à ossature métallique telles que les halles de Castellane (1859).
Le temple, sera inauguré le 17 mars 1870 en présence des plus hautes autorités locales et régionales et de l’ensemble des pasteurs et membres des conseils du consistoire (Valdo Pellegrin, 2009).
Les ouvertures cintrées et les lignes symétriques de sa façade lui donnent une présence à la fois monumentale et équilibrée.
À l’intérieur, la sobriété du décor, la lumière, les volumes et la place donnée à la chaire et à la table de communion composent un espace propice au rassemblement, à la parole et à l’écoute.
Un premier orgue est construit en 1893 sur la tribune située au dessus de la chaire. Il est aujourdhui remplacé par le nouvel orgue Quoirin-Bacot qui s’intègre harmonieusement à l’ensemble architectural du temple et apporte une dimension visuelle et musicale nouvelle.
Un lieu de culte et de culture ouvert sur la ville

Le temple est avant tout un lieu de vie de l’Église protestante unie de Montpellier et alentours (EPUMA), tourné vers l’accueil, le partage et la spiritualité.
En dehors des activités cultuelles qui s’y déroulent, il accueille également des concerts, des conférences et des rencontres.
Pour découvrir la vie de la communauté protestante et ses activités, consulter le site de l’Église protestante unie de Montpellier et alentours.

Inauguré en mai 2025, l’orgue construit par l’atelier de Pascal Quoirin, dans un buffet conçu par l’architecte Martin Bacot, s’inscrit dans l’histoire et la dynamique du temple.
Sa vocation est à la fois cultuelle et culturelle.
L’AOTM a pour mission de développer les activités culturelles autour de l’instrument. Elle organise des concerts avec des artistes de renom et propose des actions de découverte et de transmission de la pratique de l’orgue.