Les facteurs sont au travail

 

Après l’appel d’offre effectué auprès de 6 facteurs d’orgue, deux d’entre eux ont été sélectionnés fin novembre 2017 et travaillent depuis le 20 décembre 2017 sur le cahier des charges architectural et instrumental qui leur a été fourni.

DESCRIPTION DU PROJET DE BUFFET faite par Martin Bacot

Le parti général présente quatre tourelles adossées aux murs entre les fenêtres, dont la hauteur est fixée par celle de la corniche de la voûte. Le buffet occupe au maximum le gabarit afin de donner le plus grand volume possible au déploiement des plans sonores tout en dégageant la vue sur les baies : le plafond des parties intermédiaires est incliné pour cette raison.

Sur les côtés des tourelles, l’effet de claire-voie est prolongé par une frise végétale ajourée, inspirée de celle des vitraux : deux feuilles surmontant un bouton. La claire-voie et la frise végétale sont en bois de noyer, comme le mobilier de l’édifice. Il est traité en ton naturel en bas et s’éclaircissant progressivement par des lasures jusqu’à reprendre la teinte des voûtes, afin de souligner l’élévation.

L’intérieur du buffet est rendu en partie visible à travers la claire-voie et derrière les tuyaux de façade : son éclairage intérieur magnifiera la qualité constructive et décorative de l’intérieur de l’instrument, de ses organes sonores et de transmission.

Les plus grands tuyaux de la montre sont suspendus en façade pour former des gerbes élancées qui soulignent l’élan vers le haut et répondent par leur monumentalité à l’échelle de l’édifice, et notamment à l’ordre qui soutient la tribune.

Les parties du buffet situées entre les tourelles, sous les fenêtres, sont traitées de façon délibérément opaques et dépourvues de tuyaux en façade : sur le plan architectural, elles ont un rôle de second plan vis-à-vis des tourelles.

Pour plus de détails cliquez ici pour aller sur l’article détaillé de l’architecture du buffet.

Tout le travail du facteur consistera à insérer l’orgue-instrument dans ce projet architectural.

PROJET  INSTRUMENTAL

La construction de cet orgue vise

  • à disposer d’un instrument adapté à l’édifice, et répondant aux nécessités de ses différentes utilisations (cultuelle, culturelle, pédagogique) ;
  • à créer une œuvre d’art d’un haut niveau de qualités technique, esthétique et musicale afin qu’il enrichisse le patrimoine de la commune et de la région sur le long terme et lui apporte une personnalité reconnue ;
  • à doter l’édifice d’un instrument remarquable, d’un niveau d’excellence, un instrument capable de s’intégrer dans les programmes de diffusion et d’animation culturelle et musicale de la communauté de l’ACEPUMA, de la ville, du département, de la région ;

Extraits du cahier des charges instrumental donné aux facteurs :

  • le nouvel orgue du temple de la rue de Maguelone de Montpellier comportera un ensemble de jeux permettant particulièrement l’interprétation de la musique d’orgue en référence à la tradition musicale de l’Église Protestante Unie et à son répertoire, et notamment un ensemble de jeux permettant l’interprétation prioritaire de J.S Bach et du répertoire baroque ainsi que l’interprétation de répertoires allant jusqu’au XXème siècle et s’ouvrant à la musique contemporaine.
  • l’orgue comprendra trois claviers de 58 notes, dont un récit expressif, un pédalier de 32 notes, et environ 30 jeux réels.
  • l’organisation des plans sonores dans l’espace du buffet et la composition sont laissées au choix du facteur.
  • le plan sonore principal sera basé sur un 16 pieds ouvert placé en façade. Le facteur indiquera la note du plus grand tuyau en façade.
  • La répartition des tuyaux de façade entre les différents jeux est laissée au choix du facteur d’orgues, à partir des orientations données par l’avant-projet de l’architecte.
  • le ton sera moderne (440 Hz entre 15° et 20°C) ;
  • le tempérament sera égal ;
  • la transmission des notes des claviers manuels et du pédalier sera mécanique.
  • La transmission des registres sera électrique. L’instrument sera équipé d’un combinateur.
  • la conception de l’alimentation en vent est laissée à l’appréciation du facteur d’orgues.
  • les sommiers seront de type traditionnel à gravures et registres coulissants.
  • la qualité de l’harmonisation est une donnée essentielle : le facteur d’orgues fera la description du type de son qu’il recherche et précisera sa démarche artistique et musicale.
  • La garantie de bon fonctionnement, tous éléments, fournitures, composants de toute nature compris, ne pourra être inférieure à 10 ans.
  • la palette de timbres permettra l’accompagnement d’une petite et d’une grande assemblée cultuelle mais aussi, dans le cadre culturel : l’utilisation de l’orgue soliste en récital, le dialogue concertant avec divers ensembles instrumentaux, l’accompagnement de chœurs ou d’ensembles vocaux.

Pour plus d’informations cliquez ici pour aller sur le Cahier des Charges Instrumental

Cahier des charges Instrumental

CAHIERS DES CLAUSES PARTICULIERES

Extraits Article 5 :  Objectifs à atteindre

Le projet vise :

  • à disposer d’un instrument adapté à l’édifice et répondant aux nécessités de ses différentes utilisations (cultuelle, culturelle, pédagogique) ;
  • à créer une œuvre d’art d’un haut niveau de qualités technique, esthétique et musicale afin qu’il enrichisse le patrimoine de la commune et de la région sur le long terme et lui apporte une personnalité reconnue ;
  • à doter l’édifice d’un instrument remarquable, d’un niveau d’excellence, un instrument capable de s’intégrer dans les programmes de diffusion et d’animation culturelle et musicale de la communauté de l’ACEPUMA, de la ville, du département, de la région ;
  • à garantir la viabilité à long terme de l’instrument de par les matériaux, composants, techniques et technologies utilisés et leur mise en oeuvre;
  • à soutenir la formation et la pratique des organistes sur un instrument neuf, doté d’une mécanique de haute qualité ;

L’accent est mis sur les différentes utilisations de l’instrument tant en soliste -y compris improvisation- qu’avec instruments et voix (ensembles instruments et vocaux, musique de chambre, continuo) tant au travers des activités culturelles (diffusion, animation, formation) que dans le cadre de son utilisation cultuelle.

 

Extrait Article 6 : Orientations sonores – Utilisations de l’instrument

Orgue de 16 pieds ouvert en Montre, à transmission mécanique pour trois claviers de 58 notes (dont un clavier expressif), et un pédalier de 32 notes ; l’instrument, comportant environ 30 jeux réels, sera doté d’un tirage de jeux électrique et d’un combinateur.

Il est demandé de privilégier la richesse de l’harmonie, le mélange des timbres, plutôt que la puissance sonore, compte-tenu de l’acoustique de l’édifice.

La répartition des tuyaux de façade entre les différents jeux est laissée au choix du facteur d’orgues, à partir des orientations données par l’avant-projet de l’architecte. Celui-ci prévoit la mise en façade des basses de 16 de la montre, et d’un nombre significatif de tuyaux de taille grande à moyenne (jusqu’au 4 pied). Afin que les tuyaux en montre soient autant que possible parlants et non chanoines, le mode de fixation, donnant l’illusion d’une suspension en avant de la façade, est prévu ainsi : chaque tuyau repose sur un bras tubulaire en acier, assurant l’alimentation en vent (postage) en même temps que le support du pied du tuyau. Le pied conique traditionnel du tuyau est dissimulé par une jupe cylindrique soudée autour du pied et ouverte à l’arrière pour le passage du bras d’alimentation support.

Cette construction devra respecter les contraintes techniques d’encombrement, de fonctionnalité et d’accessibilité mais devra aussi détailler la commodité d’accès pour les travaux de maintenance et d’entretien.

Les contraintes, attentes et besoins s’appliquent au projet de base ainsi qu’à toute variante éventuelle :

  • le nouvel orgue du temple de la rue de Maguelone de Montpellier comportera un ensemble de jeux permettant particulièrement l’interprétation de la musique d’orgue en référence à la tradition musicale de l’Église Protestante Unie et à son répertoire, et notamment un ensemble de jeux permettant l’interprétation prioritaire de J.S Bach et du répertoire baroque ainsi que l’interprétation de répertoires allant jusqu’au XXème siècle et s’ouvrant à la musique contemporaine.

Le projet intègre donc un esprit d’ouverture et de créativité, qui permettra de dépasser le cadre des «répertoires classiques».

  • l’orgue comprendra trois claviers de 58 notes, un pédalier « à l’allemande » de 32 notes, et environ 30 jeux réels.
  • la console sera munie d’un éclairage intégré (partitions, claviers, pédalier). L’orgue disposera d’au moins deux accouplements et au moins trois tirasses. La disposition des registres devra être claire, lisible et accessible pour permettre de distinguer facilement chaque plan sonore.
  • le ton sera moderne (440 Hz entre 15° et 20°C) ;
  • le tempérament sera égal ;
  • la transmission des notes des claviers manuels sera mécanique. Le maître d’ouvrage attachera une importance particulière à un toucher mécanique vivant, tant sans accouplement qu’avec accouplement. La mécanique devra favoriser l’interactivité entre l’organiste et l’émission du tuyau avec un contrôle optimal de l’ouverture de la soupape et une sensation physique de l’ouverture de celle-ci.
  • La transmission des notes du pédalier sera également mécanique. Après avoir exploré toutes les solutions possibles pour une transmission mécanique pour le pédalier (démarche que le facteur d’orgues devra expliciter et démontrer), la transmission des notes pour la pédale pourrait être électrique si une solution à une transmission mécanique n’était pas trouvée. Le réglage de cette transmission devrait être réalisé de telle sorte que le toucher du pédalier ait un niveau d’exigence et de sensation pour l’organiste comparables à ceux des claviers.
  • les sommiers seront à gravures et registres coulissants.
  • La transmission des registres sera électrique. L’instrument sera équipé d’un combinateur.
  • la conception de l’alimentation est laissée à l’appréciation du facteur d’orgues qui veillera à ce que celle-ci réponde aux objectifs définis dans le présent programme et aux différentes utilisations de l’instrument telles que décrites. Elle devra privilégier une alimentation en vent vivante tout en assurant une stabilité permettant de répondre aux besoins de la musique moderne et contemporaine. Le facteur d’orgues devra justifier ses choix. La turbine sera insonorisée.
  • l’organisation des plans sonores dans l’espace du buffet, la composition sont laissées au choix du facteur.
  • le critère du nombre de jeux est secondaire par rapport au soin apporté à la qualité mise en œuvre pour aboutir à un son présentant d’authentiques qualités musicales et répondant aux objectifs fixés.
  • le plan sonore principal sera basé sur un 16 pieds ouvert placé en façade. Le facteur indiquera la note du plus grand tuyau en façade.
  • le principe de jeux appelables alternativement d’un plan sonore à un autre (jeux baladeurs) n’est pas particulièrement souhaité et ne saurait pallier une diminution du nombre de jeux réels. Si le facteur le propose, il en limitera le nombre, justifiera ses choix et devra apporter des références et une expérience avérée dans la maîtrise de cette technique sans aucune incidence sur la qualité de l’accord des tuyaux.
  • les sommiers, de type traditionnel à gravures et registres coulissants, pourront inclure des tables en multipli pour assurer une bonne tenue dans le temps ; l’enchappage sera assuré avec des rondelles permettant d’assurer une dureté constante des registres ou tout autre système proposé et garanti par le facteur d’orgues et dont il fournira les références.
  • la qualité de l’harmonisation est une donnée importante qui sera appréciée au regard de l’expérience acquise dans le cas d’instruments d’ampleur et de qualité comparables. Le facteur d’orgues fera la description du type de son qu’il recherche et pourra se référer à des instruments de sa propre réalisation ou d’autres instruments restaurés par lui. Il précisera sa démarche artistique et musicale.
  • le facteur détaillera dans son offre et son descriptif les opérations de préparation à l’harmonie en atelier de celles définitives sur le site. Il sera attentif aux aspirations musicales et sonores des porteurs du projet sur la mise en harmonie de l’orgue. Pour les options sonores générales et la mise au point sonore sur site, des échanges auront lieu au cours du projet avec les personnes qualifiées du CTA.
  • l’accent est mis sur les différentes utilisations de l’instrument tant en soliste -y compris improvisation-qu’ avec instruments et voix (ensembles instruments et vocaux, musique de chambre, continuo) et au travers d’activités culturelles et de formation (animation, enseignement).
  • Il sera tenu compte particulièrement des performances, de la fiabilité, de la viabilité et de la pérennité des fournitures non usinées et fabriquées par le facteur d’orgues : turbine, éléments et composants électriques, électroniques, pneumatiques, informatiques, combinateur, etc…
  • La garantie de bon fonctionnement, tous éléments, fournitures, composants de toute nature compris, ne pourra être inférieure à 10 ans.

Les jeux et mélanges de jeux devront notamment permettre :

-une palette de timbres permettant le dialogue concertant avec divers ensembles instrumentaux ainsi que l’accompagnement de chœurs, d’ensembles vocaux, d’une petite et d’une grande assemblée dans le cadre de l’utilisation cultuelle et dans le cadre culturel ;

-une variété permettant d’utiliser l’orgue sur un récital complet en tant que soliste ;

-deux jeux au moins permettant l’accompagnement d’un soliste instrumentiste ou chanteur.

Choix du facteur d’orgues

Le 28 juin 2017, par mail,  a été envoyé à 6 facteurs d’orgues l’appel à manifestation d’intérêt. élaboré par le CTA et le Bureau (réunion de travail du 13 juin).
Deux facteurs ont répondu par la négative, les quatre autres ont déclaré être intéressés par notre projet et ont envoyé les documents demandés.

Les dossiers ont été analysés par le CTA auxquels se sont joints trois membres du bureau. Le 15 novembre les 4 facteurs d’orgues ont été auditionnés et deux d’entre eux ont été retenus qui ont reçu en décembre l’épais dossier de l’appel d’offre définitif.

Le choix du facteur d’orgues, se fera après audition des deux concurrents par le CTA et trois membres du bureau ; ce choix sera entériné par le conseil d’administration et aura lieu au cours du mois d’avril 2018.

L’architecture du buffet d’orgue

Le 2 février 2017, lors de l’assemblée générale de l’AOTM, trois esquisses de buffet dessinées par Martin BACOT (cabinet ARCHIPAT) avaient été présentées, extraites d’un avant-projet.

L’esquisse largement plébiscitée lors de l’assemblée générale, a été présentée fin mars à la DRAC et au Conseil Presbytéral, puis retravaillée.

Début avril 2017 Martin BACOT a présenté l’avant-projet architectural d’un buffet d’une esthétique très novatrice : quatre grandes colonnes de style épuré dégageant les vitraux de la tribune et dont le décor entre en dialogue avec l’esprit du lieu.

Cet avant-projet tient lieu de cahier des charges architectural pour les facteurs qui ont été contactés.

 

 

Résumé du travail effectué par Martin BACOT (Agence ARCHIPAT de Lyon)

  • ANALYSE STYLISTIQUE
  • SITUATION URBAINE / MONUMENTALITÉ

En situant le nouveau temple sur la rue Maguelone reliant la gare à la place de la Comédie, face à un square nouvellement créé, les commanditaires souhaitaient véritablement faire acte de présence au coeur de la cité ; le caractère monumental de l’édifice répond à cette exigence urbaine. Très articulé, il présente une façade ouvrant sur un porche profond, accusant le caractère urbain, et surmontée d’un clocher (aujourd’hui démonté).

VOCABULAIRE ET SIGNIFICATION

Une ancienne photo du temple

L’écriture architecturale du temple est d’un éclectisme assumé : elle mêle les styles historiques pour constituer la monumentalité urbaine du XIXe siècle.

Ainsi, le plan centré provient autant des recherches romanes que de l’époque renaissance. La coupe à tribunes, inspirée de la coupe basilicale paléochrétienne, a été abondamment utilisée dans les temples et s’ancre dans la tradition protestante). De la première renaissance italienne viennent les étroites lancettes jumelées surmontées d’un oculus, ou l’entablement de la tribune. Les colonnes à chapiteaux fleuris, les puissantes piles fasciculées de la croisée et sa voûte font référence à l’art du moyen-âge roman, puis gothique. La référence dominante reste bien naturellement celle de la Renaissance, époque fondatrice de la Réforme, notamment à travers le plan centré, le traitement des volumes et de l’éclairement, l’articulation savante de la composition.

Dans ce contexte, le vocabulaire néogothique de l’orgue actuel apparaît peu intégré.

 

  • ANALYSE SPATIALE
  • PLAN

Le plan de l’édifice est basé sur le carré: les quatre bras sont inscrits dans un carré, et la croisée dans un autre, légèrement désaxé ce qui contribue à renforcer l’axe est-ouest (axe majeur opposant l’entrée à la chaire) au détriment de l’axe nord-sud. On releve que le côté du carré de la croisée à l’axes des grandes arcades, mesure exactement la moitié du côté du carré ou s’inscrit le temple. D’autre part, on trouve deux relations géométriques remarquables entre le carré de la croisée et les profondeurs des bras est et ouest : le nu extérieur du bras est, est donné par le rabattement de la diagonale du carré de la croisée, celui du bras ouest, le plus profond, est donné par le rabattement de la diagonale du demi-carré.

  • COUPE

Un certain nombre de relations de symétrie ou de géométrie sont aisément identifiables : le plan des abaques des chapiteaux, où sont pris les centres des quatre arcs en plein-cintre de la croisée, est à égale distance du sol et du sommet de la voûte. Ce plan est également un plan de symétrie entre le plan des tribunes et celui du bandeau de naissance des voûtes. Les distances entre ces différents plans, déterminant l’élévation intérieure de l’édifice, entretiennent également des rapports géométriques remarquables (rabattements de diagonales).

Les voûtements des bras à berceaux en segment d’arc, sont déterminés par ces mêmes tracés.

 

  • ECLAIRAGE, MATÉRIAUX ET COULEURS

L’édifice prend l’essentiel de sa lumière par les lancettes et doublets de lancettes surmontés d’oculi perçant les pignons, sur les quatre orientations. Cette égalité du traitement des jours laisse à la seule course du soleil le soin de caractériser les lumières et donner la perception d’une orientation naturelle. En ce sens, le masque formé par la masse de l’orgue actuel devant le doublet de lancette entre en contradiction avec l’architecture.

Les matériaux présentent une gamme colorée réservant les teintes claires et froides aux maçonneries (blancs cassés pour les entablements et éléments constitutifs de l’architecture, à-plat gris légèrement teintés pour les murs pignon, blanc pour les voûtes). En contrepoint de ces teintes froides, le sol en parquet résineux, au dessin parfois recherché, apporte une certaine chaleur, renforcée par la totalité du mobilier traitée en noyer naturel ciré ou verni. Là encore, la teinte chêne sombre de l’orgue s’écarte de l’esprit du mobilier.

  • APPROCHE ACOUSTIQUE
  • DISPOSITION SPATIALE

Le volume du temple se prête particulièrement bien à une diffusion homogène du son, tant en directivité qu’en puissance. L’édifice est servi par un plan très ramassé et de proportion largeur/profondeur proche de 1 (contrairement aux longs vaisseaux des églises médiévales).

La situation de l’instrument en tribune rapproche les sources sonores du plan médian du volume. De ce point de vue, la situation de l’orgue – actuelle et future – est proche de l’idéal : «la situation acoustique d’un orgue sera la plus centrée possible dans le plus grand volume du local, ce qui correspond à une hauteur de tribune de l’ordre du tiers de la hauteur utile3».

  • RÉVERBÉRATION

La réverbération est particulièrement généreuse, dépassant les 5 seconde lorsque l’édifice est vide. La qualité réverbérante, indispensable à l’épanouissement du discours musical à l’orgue peut, si elle est excessive, contribuer à le rendre confus. De ce point de vue, la proximité de la source sonore est un important facteur de confort acoustique, en augmentant la puissance du son direct relativement aux sons réverbérés. A nouveau, le caractère ramassé de l’édifice joue en faveur de la lisibilité musicale.

 

SYNTHÈSE DE L’ANALYSE

Le projet d’un orgue neuf dans un édifice historique d’une qualité telle que celui du Temple de la Rue Maguelonne de Montpellier doit à la fois respecter les qualités de l’architecture et porter en même temps l’expression d’une ambition culturelle dont l’une des valeurs cardinales est la création. L’analyse de l’édifice et des traditions des buffets d’orgue, loin de limiter la création, ont vocation à l’enrichir et la rendre aussi pertinente que possible.

Le Temple présente une architecture très fortement composée et ordonnée ; les quatre bras de la croix grecques sont traités de façon très égale et unifiée, notamment par l’entablement des tribunes, en dépit de variations subtiles dans les profondeurs ou l’aménagement. Le rôle de la lumière naturelle dispensée par les groupes de baies, que caractérise la course du soleil, en est d’autant plus important. Dès lors, le dégagement de l’entablement, de la balustrade et des groupes de baies du bras est, sont des enjeux majeurs pour l’installation du buffet d’orgue.

La matérialité de l’édifice présente un jeu d’opposition entre les surfaces de l’architecture (badigeon clair) et la forte présence du mobilier (bois naturel). Le caractère composé et l’unité de matériaux et de teinte sont autant moyens pour assurer l’intégration d’un orgue neuf dans l’architecture, sans chercher le pastiche.

La tribune actuelle offre enfin des conditions optimales de positionnement acoustique. La générosité de la réverbération permet notamment d’étaler l’instrument sur toute la largeur de la tribune pour en compenser l’étroitesse, sans que l’écartement des sources sonores ne soit problématique à l’écoute. Ce développement à l’horizontal correspond d’ailleurs à un trait traditionnel des buffets du Languedoc.

 

GABARIT ET CONTRAINTES ARCHITECTURALES

Le gabarit vise à déterminant le volume maximum dans lequel le buffet peut s’insérer, en prévoyant une certaine générosité par rapport aux dimensions de l’orgue compte tenu de la composition prévue. Le gabarit donne priorité au dégagement des quatre fenêtres du mur est, afin de conserver l’éclairement naturel de l’édifice. La limite de gabarit est alignée pour cela sur les tableaux d’embrasure afin de compenser les masques créés par la profondeur du buffet dans la perception en perspective.

Le déploiement en largeur du buffet est privilégié -favorisé par l’étroitesse de la tribune – sans négliger des points hauts per­mettant de développer la hauteur de tuyaux de 16 pieds en montre. Ces points hauts sont au nombre de quatre, et leur largeur maximale est déterminée par celle des trumeaux entre les baies.

L’unité de l’espace central étant notamment donnée par la continuité de l’entablement surmonté d’une balustrade par ailleurs re­lativement travaillée, il semble opportun de ne pas interrompre la balustrade par un éventuel buffet en encorbellement. La balus­trade sera maintenue dégagée, ce qui n’empêche pas de positionner des plans sonores assez en avant, juste derrière la balustrade, pour jouer efficacement un rôle de positif de dos.

 

DESCRIPTION DU PROJET DE BUFFET

Le parti général présente quatre tourelles adossées aux murs entre les fenêtres, dont la hauteur est fixée par celle de la corniche de la voûte. Le buffet occupe au maximum le gabarit afin de donner le plus grand volume possible au déploiement des plans sonores tout en dégageant la vue sur les baies : le plafond des parties intermédiaires est incliné pour cette raison. Le buffet présente ainsi deux registres superposés, qui sont ceux de l’architecture : un registre de soubassement supportant un registre de claire-voie entre les fenêtres. Si le soubassement est opaque et pour l’essentiel traité dans le ton des murs, le registre supérieur est au contraire traité en volumes ouverts sur les faces avant, et éclairés aussi bien en façade que depuis l’intérieur même du buffet. Le scintillement des tuyaux et la transparence des volumes permet ainsi de conserver au registre des baies sa valeur de clair-étage.

Sur la face avant des tourelles, le soubassement est formé d’une claire-voie verticale irrégulière en bois de noyer. En partie haute, une armature horizontale soutient les tuyaux de montre et renforce l’unité visuelle recherchée entre l’instrument et les vitraux. Sur les côtés des tourelles, l’effet de claire-voie est prolongé par une frise végétale ajourée, inspirée de celle des vitraux : deux feuilles surmontant un bouton. La claire-voie et la frise végétale sont en bois de noyer, comme le mobilier de l’édifice. Il est traité en ton naturel en bas et s’éclaircissant progressivement par des lasures jusqu’à reprendre la teinte des voûtes, afin de souligner l’élévation.

L’intérieur du buffet est rendu en partie visible à travers la claire-voie et derrière les tuyaux de façade : son éclairage intérieur magnifiera la qualité constructive et décorative de l’intérieur de l’instrument, de ses organes sonores et de transmission.

Les plus grands tuyaux de la montre sont suspendus en façade pour former des gerbes élancées qui soulignent l’élan vers le haut et répondent par leur monumentalité à l’échelle de l’édifice, et notamment à l’ordre qui soutient la tribune. La disposition légèrement asymétrique des groupes de tuyaux permet de corriger certains décalages visuels : ainsi pour le léger désaxement existant entre les colonnes portant la tribune et les trumeaux du mur.

Les parties du buffet situées entre les tourelles, sous les fenêtres, sont traitées de façon délibérément opaques et dépourvues de tuyaux en façade : sur le plan architectural, elles ont un rôle de second plan vis-à-vis des tourelles. C’est pourquoi les parties de buffet situées sous les fenêtres présentent par des panneaux de bois peints dans le ton des murs du fond de la tribune. Les panneaux seront disjoints et se présentent sur des plans légèrement différents, formant entre eux des ouïes verticales assurant la diffusion du son.

Choix d’un buffet

plan-orgue-copie
Esquisse proposée par Mr Brottier

Un premier projet présenté par le technicien conseil Eric BROTTIER en 2014, a dû être abandonné en raison des fortes réticences ou oppositions de la communauté protestante et du Conseil Presbytéral à cet orgue futur estimé trop important (38 jeux, 3 claviers, console au sol).

Le CA a donc fait un autre choix, en accord avec le CP (décembre 2015) pour un orgue d’environ 30 jeux (3 claviers, console en tribune) permettant l’interprétation prioritaire de l’œuvre de J.S. Bach mais ouvert également à un large répertoire. more « Choix d’un buffet »

Composition de l’orgue à venir

Pour mieux répondre à son objectif de doter le temple d’un orgue original, novateur, permettant de jouer le répertoire des XVII et XVIIIème siècle, mais ouvert sur toute la littérature organistique de Bach jusqu’aux auteurs contemporains, l’AOTM a tissé des liens avec des personnalités musicales qui puissent la conseiller. more « Composition de l’orgue à venir »

Financement

La construction proprement dite de l’orgue coûtera environ 700 000 € TTC.

Le financement sera trouvé essentiellement auprès du mécénat, mais aussi par des opérations de financement participatif, par un parrainage de tuyaux, et d’autres propositions ou manifestations qui restent à imaginer…

Contexte du projet

L’instrument actuel, de plus de 123 ans d’âge, est en très mauvais état.
Une expertise a été réalisée le 22 janvier 2010 à la demande de la Direction Régionale des Affaires Culturelles qui a confirmé cette situation.

La création d’un nouvel orgue a donc été envisagée. Une première réunion a eu lieu au temple le 25 avril 2007, à laquelle assistaient des personnes de la paroisse, motivées à différents titres par la question de l’orgue. more « Contexte du projet »